Pour se sentir le coeur en fête

Le café et le coeur/la circulation

L'un des plus vieux reproches formulés à l'encontre le café est le suivant : il est mauvais pour le coeur et la circulation. C'est un préjugé qui peut être écarté en toute tranquillité. Au cours des 20 dernières années, de nombreuses études ont analysé la relation entre la consommation de café et les maladies cardiaques/circulatoires.

Résultat : le café et la caféine n'augmentent ni la pression sanguine, ni le risque de cardiopathie coronarienne, de troubles du rythme cardiaque et d'infarctus du myocarde.

Cette constatation a été particulièrement mise en évidence dans une évaluation récapitulative de neuf études réalisées avec au total 87.000 participants sur le thème de la consommation du café et de l'hypertension : dans quatre études, la consommation de café n'a eu aucune incidence sur la pression sanguine; dans quatre autres études, on a présumé qu'une consommation de café plus importante pouvait avoir une légère incidence sur l'augmentation de la pression sanguine. Une enquête réalisée en Ecosse a également révélé une corrélation négative entre la consommation de café et l'hypertension, c'est-à-dire que les personnes qui ont bu du café avaient en moyenne une tension plus basse que celles qui n'avaient pas pris de café.

Les facteurs propres à la personnalité, à savoir la tendance au stress ou à l'excédent de poids (souvent lié à un taux de cholestérol trop élevé), sont incontestablement les facteurs de risque les plus importants pour l'apparition de maladies cardiaques/circulatoires. Vu que les personnes stressées qui fument et mangent trop ont également un penchant pour le café, des soupçons ont pesé sur le café comme l'une des causes des maladies cardiaques/circulatoires. De nombreuses études scientifiques ont pourtant pu réfuter ces soupçons. Une préférence marquée pour le café peut parfois révéler d'autres causes de problèmes cardiaques/circulatoires sans que le café y soit pour quelque chose.

Considérons à présent les principaux résultats révélés par les études menées sur la relation entre la consommation de café et les maladies cardiaques/circulatoires :

Les maladies cardiaques/circulatoires en général

L'étude Framingham est l'une des premières grandes études épidémiologiques réalisées sur plus de 6.000 participants et sur une durée de vingt ans. Au début de cette étude, 717 personnes souffraient de diverses maladies cardiaques/circulatoires comme par ex. d'une cardiopathie coronarienne, d'un infarctus du myocarde ou d'une angine de poitrine. A la fin de l'étude, les scientifiques sont arrivés à la conclusion que, chez les personnes concernées, l'évolution de la cardiopathie pendant toute la durée de l'étude n'était en aucune manière liée à la consommation de café. Ce résultat a été confirmé par de nombreuses autres recherches en ce domaine.

Dans le cadre d'une grande enquête norvégienne, l'étude "Tromsö-Herz", les auteurs sont finalement arrivés à la conclusion suivante : "La consommation de café semble être l'indicateur d'un style de vie, lequel est à la base du risque élevé de cardiopathie coronarienne". Si certaines études de moindre envergure ont constaté une relation entre la consommation de café et la cardiopathie coronarienne, cela est en général dû au fait que l'influence d'autres causes déterminantes n'a pas été analysée et que le café a donc de manière injustifiée "porté le chapeau" à la place des véritables responsables.

Hypertension

Le thème "consommation de café et hypertension" a toujours été le plus controversé dans les débats sur les maladies cardiaques et circulatoires. Alors que la plupart des études prouvent qu'il n'existe aucune relation entre la consommation de café et une tension élevée, d'autres études révèlent que, chez les personnes qui ont renoncé au café pendant une longue période, le fait de boire de nouveau du café entraîne une légère hausse de la tension. Les valeurs mesurées indiquent une hausse de la pression systolique et diastolique de 5 à 10 mm sur la colonne de mercure, ce qui n'est pas plus élevé que lors d'une montée de tension chez la plupart des personnes qui se lèvent de leur chaise. Toutefois, il s'est également avéré que la faible hausse de tension revenait à son niveau normal après quelques heures seulement.

La plupart des grandes études épidémiologiques, par exemple l'étude "Framingham" ou l'étude "Kaiser-Permanente", ne constatent aucune relation entre la consommation de café et l'hypertension. Il est donc évident que les personnes souffrant d'hypertension n'ont aucun avantage à renoncer au café. Une étude réalisée sur des buveurs de café souffrant d'hypertension a d'ailleurs montré que le fait de renoncer à leur boisson préférée ne diminuait pas la tension.

Infarctus du myocarde

Une grande étude épidémiologique menée aux Etats-Unis, l'étude "Kaiser-Permanente" sur l'infarctus du myocarde, a tiré la conclusion suivante en ce qui concerne le café : "Boire du café ne représente pas un facteur de risque pour l'infarctus du myocarde." De même, les spécialistes de cette étude arrivent à la conclusion qu'il n'est pas nécessaire de limiter la consommation de café pour se protéger contre le risque d'infarctus. Enfin, aucune relation dose/effet n'a pu être constatée : même si la consommation de café est très importante, le risque d'avoir un infarctus n'augmente pas en proportion.

Troubles du rythme cardiaque

La plupart des personnes connaissent à un moment de leur vie de légers troubles du rythme cardiaque - il s'agit très souvent de cas sans gravité, de palpitations ou d'extrasystoles. En ce qui concerne la relation entre la consommation de café et de véritables troubles du rythme cardiaque, une étude américaine de la Harvard School of Public Health en 1989 est arrivée à la conclusion que deux tasses de café par jour n'ont aucune influence sur les troubles du rythme cardiaque des personnes concernées. Une autre étude américaine sur le même thème résume comme suit : "La caféine n'augmente ni le nombre d'arythmies ventriculaires ni leur puissance."

Toutefois on a également observé des cas où certaines personnes souffrant de troubles du rythme cardiaque réagissent sensiblement aux quantités de caféine plus élevées. Chez ces personnes, il est bien entendu conseillé de limiter la consommation de caféine. Cela vaut non seulement pour le café mais également pour d'autres boissons contenant de la caféine, telles que du thé ou du "coca".

Bilan: Le café n'a aucune incidence sur la pression sanguine. Dans les cas extrêmes, même s'il fait légèrement augmenter la tension, cette hausse reste inférieure à celle constatée lors d'activités quotidiennes comme, par exemple, monter l'escalier ou porter des sacs à provisions.

Le café fait encore moins partie des causes de cardiopathies coronariennes, d'infarctus du myocarde et des troubles du rythme cardiaque. Même chez les personnes souffrant de maladies cardiaques/circulatoires, il n'est en général pas nécessaire de renoncer au café car aucune amélioration n'a jamais été constatée dans ce cas.